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Stephen King – Joyland

Autant le dire tout de suite, Stephen King est l’un de mes auteurs préférés. Je l’ai découvert vers mes 13 ans. Au départ, je voulais simplement lire Shining après qu’un test de personnalité en ligne idiot pour savoir quel tueur de film j’étais m’a déclaré que j’étais Jack Torrance. Malheureusement, chez le libraire, quand j’ai voulu l’acheter, il n’était pas disponible. Faute de mieux, je m’étais penché sur Insomnie, pas le plus célèbre de ses romans, mais j’étais conquis. Son style d’écriture, sa façon de raconter ses histoires… j’adorais ! Durant les années suivantes, j’ai acheté et dévoré livre sur livre.

Si aujourd’hui, cette frénésie s’est largement calmée, je garde une affection particulière pour cet auteur. Et quand parfois dans les rayons d’un magasin je croise l’un de ses livres, notamment les nouveaux (en grand format, ceux qu’on ne peut pas rater), je ne résiste généralement pas tellement, je l’achète. C’est donc cet été, au cours d’errances dans le Cora de ma région d’origine que j’ai mis la main sur Joyland.

Joyland - Stephen King
Joyland, de Stephen King

De quoi Joyland parle-t-il ?

Joyland, sorti aux États-Unis sous le même titre en 2013 a été édité chez nous cette année seulement. Le résumé au dos nous parle d’ « angoisse », de clowns terrifiants, de ne pas s’aventurer sur une grande roue un soir d’orage… Mais soyons honnête, cette œuvre n’est absolument pas un roman d’horreur, tout juste a-t-on droit à du surnaturel.

L’histoire se passe en 1973. Devin Jones, un étudiant, trouve un travail d’été dans le parc d’attraction Joyland, en Caroline du Nord (ce qui nous change du Maine), après une rupture plutôt douloureuse. Sur place, il rencontrera Erin Cook et Tom Kennedy, des étudiants qui viennent également travailler ici pour l’été.

Le héros, s’il ne parvient pas à oublier sa rupture, se débrouille cependant très bien dans son travail, notamment quand il doit interpréter la mascotte du parc : Howie le chien gentil. Au contact des employés permanents, il entend l’histoire selon laquelle le train fantôme serait hanté par un véritable revenant, une victime d’un assassinat, qui a bel et bien eu lieu et dont l’auteur n’a jamais été arrêté.

L’intrigue tournera alors autour de ce phénomène étrange. Devin, bien décidé à connaître le fin mot de l’histoire décide de retarder la reprise de ses études et de prolonger son contrat de travail à Joyland le temps d’en savoir plus (et d’oublier sa rupture). Il demandera également à Erin, repartie étudier, d’enquêter sur le tueur à l’origine du meurtre du train fantôme. En parallèle, il fera la connaissance d’Annie Ross, une mère célibataire et de son fils myopathe, qui habitent entre le parc et son logement et dont le rôle deviendra primordial… mais je n’en dirai pas plus.

Une réussite pour Stephen King ?

Ce roman n’est vraiment pas une histoire horrifique, comme je l’expliquais plus haut. C’est une chose importante à retenir, d’autant plus que le résumé de l’éditeur français semble bien vouloir le faire croire.

En revanche, Joyland peut être qualifié de roman policier fantastique. Le fantôme n’est par exemple pas utilisé comme un élément terrifiant. C’est un point fondamental de l’intrigue mais il ne s’agit pas d’un antagoniste, ni d’un adjuvant.

L’intrigue avance paisiblement, un peu comme sur Duma Key, sorti en 2008 aux États-Unis. Une très grande partie de l’histoire traite de la vie de Devin Jones au sein de Joyland et l’enquête sur le fantôme est plus une sorte de fil rouge. Il me semble, à titre purement personnel, que Devin est bien le centre de l’histoire. À mesure que les choses avancent, il évolue, apprend à connaître de nouvelles personnes, à se reconstruire…

Au final, je dirais qu’il s’agit d’un roman plutôt agréable. Pas un grand Stephen King dans le sens où on ne retrouve pas un suspend très intense (contrairement à Ça), ni d’élément particulièrement intriguant (Shining, Roadmaster). Joyland n’est pas très original, mais est cependant sauvé par le style d’écriture si prenant de l’auteur et son talent pour dresser des portraits de personnages complexes et crédibles, auxquels on finit par s’attacher.

Le fan devrait donc apprécier Joyland. Pour les autres, il vaut mieux se pencher sur les romans les plus renommés de l’auteur.

Note finale : 14/20

Les Rois Maudits, de Maurice Druon : intrigues au Moyen-âge

L’Histoire est un domaine que j’apprécie. J’aime savoir comment le monde en est venu à être tel qu’il est, ce qu’ont vécus nos ancêtres et connaître les grandes figures qui ont forgé l’histoire, très souvent dans le sang. C’est sans doute pour cela que j’ai autant apprécié la série de livres très connue dont je vais vous parler aujourd’hui : Les Rois Maudits, de Maurice Druon.

L’histoire

Les Rois Maudits est une série de romans en sept tomes sortis entre 1955 et 1977 racontant l’histoire des derniers rois capétiens de France. L’histoire s’ouvre en 1314 sur la condamnation à mort de Jacques de Molay, le grand-maître de l’Ordre du Temple, par le roi de France Philipe IV le Bel. Bien mal en prend à ce dernier, puisque le templier, sur le bûcher, condamné injustement pour hérésie, maudit le roi et sa descendance. Coïncidence ou non, à partir de là, les choses vont mal se passer pour la dynastie.

Philippe IV le Bel
Philippe IV le Bel

En parallèle de jeux de pouvoirs pour le trône de France, qui démarrent dès la mort de Philippe le Bel, on assiste notamment aux tentatives du comte Robert III d’Artois de récupérer le comté qui lui revient de droit selon lui et non à sa tante Mahaut. Le grand-père de Robert III était encore vivant au moment du décès de son fils,Philippe d’Artois. De ce fait, la lignée est rompue. La question s’est alors posée de savoir qui devait hériter entre la fille aînée du grand père (Mahaut) ou du petit-fils (Robert III) et c’est la tante qui a eu gain de cause. Se sentant floué, le comte fera tout pour récupérer ce qu’il considère comme sien.

Toutes ces intrigues politiques s’entremêlent, se rejoignent et mènent peu à peu à un événement historique fondamental de l’histoire de France, que je ne vous révèlerai pas ici, mais que l’on voit peu à peu se préciser à mesure que le temps passe.

Pourquoi j’ai adoré ces livres

Bien entendu, comme je l’expliquais plus haut, j’ai beaucoup aimé ces livres car ils respectent assez fidèlement la vérité historique. Pour quiconque s’intéresse au passé, c’est une façon très ludique de découvrir les événements relatés. Par ailleurs, de très nombreuses notes historiques viennent compléter l’œuvre pour que le lecteur se plonge plus facilement dans le contexte de l’époque. Certes, la narration est très romancée et par moment, Maurice Druon se permet quelques libertés avec l’histoire, mais le fond reste vraiment proche de ce qui s’est vraiment passé.

Jacques de Molay
L’exécution de Jacques de Molay (gravure du XIXème siècle)

On retrouve un nombre élevé de personnages : rois, papes, banquiers, etc. qui auront tous leur importance à un moment X ou Y, ce qui est déjà un bon point. Cependant, avec le contexte historique rigide que l’auteur se doit de respecter, leur devenir est imprévisible, contrairement à un récit entièrement fictif : dans certains romans, handicapés par leurs clichés, il est parfois aisé de deviner la suite des événements. Ici, ça n’est pas le cas, ce qui renforce d’autant le suspens.

Bien entendu, il n’est pas forcément nécessaire d’apprécier l’histoire pour prendre plaisir à lire Les Rois Maudits. Le style d’écriture est un délice. L’auteur instaure un véritable suspens et à aucun moment le rythme ne retombe. On se passionne pour les intrigues compliquées et les plans parfois sournois des protagonistes pour arriver à leurs fins. C’est la série de roman idéale pour ceux qui ne savent pas quoi lire entre la sortie de deux tomes du Trône de Fer.

Petit bémol cependant pour le dernier opus (Quand un roi perd la France). Premier écueil : le changement brutal de narration. On passe d’un narrateur omniscient à une narration à la première personne, ce qui est très perturbant après 6 livres. Ensuite, on ne retrouve plus le même rythme très soutenu, on n’assiste plus directement aux intrigues politiques complexes qui font le charme de la série, elles nous sont simplement relatées. Si j’y ai trouvé un certain intérêt, il est clairement en-dessous de ses prédécesseurs.

 

Quoi qu’il en soit, il s’agit sans aucun doute d’une saga vraiment passionnante à lire, que je recommande notamment aux mordus d’histoire… mais pas que !

 

Liste des tomes des Rois Maudits :

–          Le Roi de Fer (1955)

–          La Reine Etranglée (1955)

–          Les Poisons de la Couronne (1956)

–          La Loi des Mâles (1957)

–          La Louve de France (1959)

–          Le Lis et le Lion (1960)

–          Quand un roi perd la France (1977)